Paris. Karthala, 1983. 154 pages
Au début de la deuxième quinzaine de juillet 1976, « j'avoue ». J'ai comploté avec les quatre-vingt-dix personnes inscrites
sur la liste. Il convient de noter que le nom de certaines d'entre
elles m'est parfaitement inconnu. Dès lors, il ne me reste plus
qu'à composer - sur les directives de Sékou Touré et par l'intermédiaire
de Siaka qui faisait la navette entre Boiro et la présidence -
un faisceau de « preuves » de la participation de X, Y ou Z au
vaste complot Telli.
J'écris sous la dictée de Siaka, lequel se conforme attentivement
à des notes manuscrites. Je crois en reconnaître l'écriture :
celle de Sékou Touré. Chaque élément du puzzle que nous élaborons
est soumis au chef de l'Etat pour lecture et approbation. Lorsque
notre « travail » ne lui convient pas, nous recommençons. « Le
Président n'est pas satisfait. Il trouve que c'est de la littérature.
Il faut refaire. » Après chaque séance, la déposition est dactylographiée
et quelle que soit l'heure, généralement tardive, elle file directement
à la présidence.
Ainsi, sous la dictée de Siaka, j'ai écrit que, plus jeune,
j'avais fréquenté l'Ecole de Saint-Cyr en France, école où je
n'ai jamais mis les pieds. Ce brillant passé militaire qui m'était
attribué devait rendre crédible mon rôle d'intermédiaire entre
Diallo Telli et l'opposition en vue d'un changement de régime.
J'ai écrit que le coup d'Etat devait être réalisé par une partie
de l'armée guinéenne et par des mercenaires basés à Dakar et à
Abidjan. Ayant eu connaissance, grâce aux aveux du capitaine Lamine
Kouyaté, de cette somme de dix millions de F CFA que nous réclamions
à l'opposition extérieure, Siaka m'y fit faire allusion, mais
cette fois pour préciser qu'elle serait utilisée dans le complot
Telli. Il me demanda de définir le rôle qu'après le changement
de régime Telli devait jouer à la tête de l'État. Son programme
politique devait viser à l'instauration du capitalisme. Enfin,
je dus écrire que nous avions envisagé d'accomplir une série de
meurtres contre le chef de l'Etat, son épouse, Mamadi Keita, Ismael
Touré, Siaka lui-même et d'autres personnalités encore. Parallèlement
à ces activités d'intermédiaire entre Diallo Telli, Siradiou Diallo
et d'autres membres de l'opposition, et toujours selon mes « aveux
», j'avais été recruté par les services de renseignements français
qui me versaient des sommes folles. J'ai noirci des dizaines et
des dizaines de feuilles de papier, après des séances de tortures
qui me laissaient épuisé.
A la fin, j'ai signé un récit qui faisait de Diallo Telli l'âme
d'un complot visant au renversement du régime actuel et devant
faire de lui le futur Président de la République. On m'a alors
présenté à la commission « complot Telli » composée de :
Ces hommes qui avaient tous la confiance du Président Sékou Touré
étaient chargés de fixer les tenants et les aboutissants du complot
afin de le rendre crédible aux yeux des Guinéens et de l'opinion
internationale. En somme, ils étaient les théoriciens du complot
permanent.
C'est devant cette commission que j'ai revu le capitaine Lamine
Kouyate. Très éprouvé par les tortures subies, Lamine était effrondré.
Siaka lui a demandé de se comporter en officier même si les douze
balles l'attendaient au sortir. Lamine s'est ressaisi et m'a dit
: « Amadou, je regrette que tout le monde ne soit pas en mesure
de jouer son rôle dans cette affaire. Malgré ma fidélité au responsable
suprême de la Révolution et à son peuple, pour des actions récentes
Moussa Diakité a décidé de me tuer. Etant militaire et officier
de surcroît, je suis plus près de la peine capitale, entraînant
une exécution immédiate, que toi. Comme par le passé, je te confie
Paty, sa mère et mes enfants. » Que voulait dire Lamine en regrettant
le comportement de certains ? Je me suis souvent posé la question
depuis. Faisait-il allusion à des hommes comme le colonel Diallo
ou Sikhé Camara, ministre de l'Enseignement supérieur, tous deux
sympathisants du RDR et dont la découverte du complot n'a pas
mis la vie en danger. Tout au contraire même pour le ministre,
puisqu'en remplacement de Telli il est devenu ministre de la Justice
après avoir été élevé au rang de Docteur en droit par le Bureau
Politique National. Quant au colonel Lamine Diallo, il a été mis
à la retraite anticipée. Quel acte obscur a-t-il valu à l'un sa
promotion sociale, à l'autre d'avoir été épargné ? Cette question,
après des années passées au camp Boiro, après la mort du capitaine
Lamine Kouyaté des suites de la diète noire, enfin après l'assassinat
de Diallo Telli et de ses compagnons, je me les pose et les pose
publiquement.
Après mes aveux, ont été arrêtés :
C'est-à-dire à partir du 24 juillet et des jours qui ont suivi.
D'autres personnes qui figuraient sur la liste des 90 ne furent
pas arrêtées mais privées de leur fonction ou mises à la retraite
anticipée, ou encore mutées. Parmi elles :
J'appris par la suite que depuis avril 1976, c'est-à-dire depuis
mon arrestation, Siaka avait assisté à tous les conseils de ministres
à la seule fin de surveiller Telli. C'est Siaka lui-même qui me
l'a dit. De même qu'il m'a répété à plusieurs reprises entre le
24 juillet, date de l'arrestation, et le 11 ou 12 août, fin de
sa première diète noire, que Telli refusait d'avouer. En même
temps que la diète noire, Diallo Telli subissait les interrogatoires
dans la cabine technique. Voulant absolument obtenir de lui qu'il
admette sa « trahison », le chef de l'Etat en personne demanda
à ses exécuteurs des basses besognes que lui soient appliquées
plus fréquemment et plus longuement les électrodes sur les parties
génitales. Jusqu'à ce qu'il cède. Ce traitement inhumain lui a
été infligé pendant dix-neuf jours. Pendant dix-neuf jours Telli
résista.
Affolés par les coups de fil intempestifs du Président et désorientés
par la résistance de Telli, Moussa Diakité et Siaka Touré firent
alors une fausse manuvre. Afin de convaincre leur prisonnier
de collaborer, ils crurent bon de lui faire savoir que son arrestation
avait été décidée depuis longtemps déjà. Pour étayer cette affirmation,
ils lui révélèrent l'existence depuis 1974 d'un rapport rédigé
par M. Martin, Procureur de la République. Telli leur dit qu'il
connaissait l'existence de ce rapport et insista auprès d'eux
afin qu'ils obtiennent du Président qu'il informe objectivement
l'opinion publique sur l'origine réelle du complot. En clair,
Telli refusait de laisser croire à tout le Fouta Djallon que son
arrestation et sa mort probable étaient imputables à l'un de ses
fils, c'est-à-dire à moi-même. Malgré ses souffrances, Telli était
décidé à ne pas céder. Il ne voulait pas être complice de la politique
de division et de diversion menée en Guinée depuis 1958.
Pour Sékou Touré le but à atteindre était simple : ses collaborateurs
devaient concentrer leurs efforts sur la mise en lumière d'une
alliance entre Telli et Siradiou Diallo par l'intermédiaire du
jeune Amadou de la SOGUIFAB. L'existence et les activités du RDR,
trop peu connues du public, devaient rester dans l'ombre.
Informé du piétinement de l'enquête, Sékou Touré désapprouva l'initiative
de ses collaborateurs. Ceux-ci parvinrent cependant à le convaincre
qu'avec Telli il convenait d'aller droit au but si on voulait
obtenir de lui une déposition qui aille dans le sens souhaité.
Pressé de parvenir à ses fins, Sékou Touré ordonna alors que Telli
et moi soyons confrontés en présence de Moussa Diakité, assisté
de Siaka Touré et
de Manma Tounkara.
Un soir du mois d'août, vers 22 h, l'adjudant-chef Bembeya vient
me prendre dans ma cellule pour me conduire devant le Comité Révolutionnaire.
Siaka désire me voir car, paraît-il, il s'inquiète de mon état
de santé, de mon alimentation, etc. Je lui réponds que depuis
trois mois, lui et moi, nous nous retrouvons régulièrement dans
la cabine technique où, sous ses ordres et même par sa main, le
courant n'épargne ni mes oreilles, ni ma bouche, ni mon sexe.
Il peut donc disposer de moi comme il l'entend sans se fatiguer
à tenir des discours inutiles. Sans opposer la moindre résistance,
je prends place à ses côtés dans une des voitures de luxe mises
à la disposition de Siaka et nous faisons le trajet du bloc au
bureau du Comité Révolutionnaire. Sans escorte cette fois. Dès
notre arrivée, Siaka évoque les nombreuses démarches que ma mère
et ma soeur Diamy ont effectuées auprès de lui afin d'avoir des
informations de première main. Il conclut sa littérature sentimentalo-policière
en m'annonçant que je vais être confronté à Diallo Telli. « Il
n'est pas question de faire marche en arrière et de te dédire.
Tu dois maintenir tes aveux. Que ce soit entendu. » Et il sort
me laissant en présence de Moussa Diakité. Les autres collaborateurs
du Maître de Boiro sont présents.
A la perspective de cette confrontation avec l'homme qu'on m'a
forcé à dénoncer, je tremble de tous mes membres. Je demande une
cigarette. L'attente ne dure pas plus de cinq minutes. Cinq minutes
qui me paraissent
une éternité. Je fume encore lorsque Diallo Telli entre, escorté
par plusieurs gardes et l'adjudant-chef Leno. Il est vêtu de son
ensemble trois, poches de couleur grise dans lequel il avait été
arrêté. Son visage accuse les souffrances subies. Ses bras portent
les blessures faites par le fil électrique avec lequel sont attachés
les interrogés de la cabine technique. Je savais que Diallo Telli
avait été torturé mais d'en avoir la preuve me donne un choc.
Malgré son épuisement son attitude reste digne. Il se dirige vers
moi. Très vite je me lève et jette ma cigarette. Il me serre la
main, la garde quelques instants dans les siennes et s'enquiert
de mon état de santé.
Siaka qui, à l'arrivée de Telli, a réintégré le bureau, nous
demande de nous asseoir. Puis se tournant vers Telli, il lui dit
:
« Voici Amadou qui a avoué que tu étais l'âme du complot. Et
tu refuses de le reconnaître ! » Telli sourit et répond qu'il
est sûr que je n'ai rien contre lui.
« C'est vrai que je suis lié à sa famille ; mais lui est très
jeune. Nous n'appartenons pas à la même génération et par conséquent
nous ne nous fréquentions pas. Il est donc inutile de s'étendre
sur le sujet. Je ne voudrais pas qu'après ma mort Amadou ait sur
la conscience une responsabilité quelconque dans ce qui m'arrive
aujourd'hui. Donc, cela suffit. A présent j'ai tout compris. »
Siaka lui demande alors s'il accepte d'aider la Révolution.
Telli lui dit qu'il est inutile de continuer la torture.
« Cela veut donc dire que tu acceptes ? » insiste Siaka. Telli
:
« Oui, mais à condition que le Président accepte de publier
ma vraie déclaration. » Siaka entame alors un long discours sur
le complot peul :
« Le Président a l'impression que vous, les Peuls, vous avez
une haine contre lui. Votre haine vous fait oublier que c'est
l'Almany Samory Touré qui s'est opposé, seul, à la colonisation
française en luttant avec de faibles moyens contre une grande
armée coloniale. Après soixante années de colonisation, le Président
Sékou Touré a libéré la Guinée grâce aux lutte du PDG. Dans son
humanisme naturel, le Président a intégré tous les cadres peuls
qui s'étaient opposés à la dignité de la Guinée et leur a accordé
des postes de gouverneurs, d'ambassadeurs et de ministres. Mais
n'étant pas originaire de la Guinée, vous voulez la détruire et
aller ailleurs. En tout cas, l'Histoire s'interroge sur votre
patriotisme. Comme vous le savez, moi-même, j'ai fait une partie
de mes études à Grenoble d'où j'ai été renvoyé à cause des luttes
pour l'indépendance. C'est ainsi que j'ai été amené à embrasser
la carrière militaire en URSS. Par un côté de ma famille, je peux me réclamer des Peuls. C'est pourquoi je vous vois dans cet état avec beaucoup de peine.
Mais mon travail m'oblige à obtenir de vous toute la vérité sur
ce complot. Je ne veux pas entendre parler d'un certain RDR. Tous
les complots auxquels nous avons eu à faire face jusqu'ici ont
pris leur source à Paris. Nous connaissons parfaitement tous vos
hommes à l'extérieur. Nous connaissons la plus grande de vos organisations.
Nous recevons même ses publications. Nous ferons tout pour éviter
la situation de 1971 où des gens mourraient dans la cabine technique
avant d'avoir aidé la Révolution. Tous mes hommes sont ici, ils
vous écoutent. Ils n'auront pas besoin de me consulter pour agir.
Je laisse la parole au président de la commission. »
Moussa Diakité prend alors la parole :
« Siaka nous a beaucoup facilité la tâche. Je ne reviendrai
pas sur ce qu'il a dit, mais j'insisterai sur un point. Comme
l'a si bien dit Siaka, nous sommes tous des Peuls. C'est bien dommage que ce soit dans ce genre de cadre que nous
évoquions ce grand lien qui devrait nous rapprocher les uns des
autres ? Telli, en ma qualité de président de cette commission,
le chef de l'Etat me charge de te remettre son engagement écrit
concernant l'orientation que tu veux donner à ta déposition. Parallèlement,
il te demande pour l'amour de Dieu de nous décrire les circonstances
dans lesquelles Amadou et toi avez jeté les bases de ce complot.
Pour te dire jusqu'où le chef de l'Etat te respecte et le désir
qu'il a de te récupérer, il t'autorise à lui téléphoner du bureau
de Siaka. Dans ces affaires, le chef de l'Etat a eu de très grands
amis égarés mais avec eux il n'est jamais allé aussi loin qu'avec
toi. Tu connais son numéro de téléphone. Va avec Siaka car il
y a longtemps que le chef de l'Etat t'attend. »
Siaka quitte la pièce. Au bout de quelques instants il revient
et déclare que le chef de l'Etat attend Telli au bout du fil.
Telli et Siaka sortent ensemble. Nous attendons environ un quart
d'heure. Puis ils reviennent tous deux. Telli dit à Moussa Diakité
:
« Moussa, toutes les conditions sont réunies pour empêcher un
chef d'Etat de mentir, malheureusement la plupart d'entre eux
mentent. J'accepte la proposition. Je suis entièrement. à votre
disposition à partir de maintenant pour signer et enregistrer
la déposition que vous avez rédigée, vous-mêmes. Par ailleurs,
Amadou étant un fumeur, je demande à Siaka de lui fournir régulièrement
des cigarettes et du lait par l'intermédiaire de Mamadou Fofana
qui assure la gestion de vos magasins. Dans l'immédiat, donnez-lui
à manger. »
Siaka dépêche Léno qui nous apporte du foie de porc grillé,
de la bouillie de riz arrosée de lait caillé et du pain. Telli,
ne consommant pas de viande de porc, ne prend qu'un peu de bouillie
et de pain.
On nous ramène ensuite au bloc pénitentiaire.
Le principe du complot étant admis, il fallait peaufiner la rédaction
de l'aveu. Ce fut le rôle de la commission présidée par Moussa
Diakité. Cette commission comprenait plusieurs groupes de travail
chacun animés par un homme de confiance du chef de l'Etat. Il
y avait Moussa Diakité, Kera Karim, Siaka Touré et le lieutenant
Kissi.
J'ai été confronté plusieurs fois encore à Telli. Ces confrontations
visaient à faire coïncider mes aveux avec ceux de Telli et de
ses amis et avec ceux d'autres personnes qu'à son tour il avait
dénoncées et qui étaient inscrites sur la liste. Dans ce complot
la majorité des accusés appartenaient à l'ethnie peule.
Entre chaque passage devant la commission, Telli devait compléter
par écrit
certains chapitres de sa déposition. Pour ce faire on lui a remis
une pile de feuilles de papier, des crayons à bille et on a fait
apporter dans sa cellule une petite table qui appartenait à un
autre détenu 1. Telli utilisa une partie de ces feuilles à la
rédaction de sa déposition qui devait être enregistrée et diffusée
à la radiodiffusion nationale une fois qu'elle eut été approuvée
par le chef de l'Etat. Il est à noter que c'est par le biais des
agents et officieusement que nous apprenions la diffusion des
« aveux ». Car de même que nous étions laissés dans l'ignorance
de la peine à laquelle on nous avait condamnés, nous devions méconnaître
ce qui se passait à l'extérieur. L'autre partie des feuilles,
Telli la consacra à une correspondance qu'il entretint avec le
chef de I'Etat et à la rédaction de l'authentique déclaration
qu'il voulait laisser à la postérité. Au début, il espérait que
Sékou Touré accepterait de publier un rectificatif aux aveux qui
lui avaient été extorqués, mais les jours passant, il comprit
que le président guinéen ne lui avait fait de vagues promesses
au téléphone et par écrit (voir lettres qui suivent) que pour
obtenir une déposition à sa convenance, mais que jamais il ne
publierait la vérité. Diallo Telli acquit aussi très vite la certitude
qu'il ne sortirait pas vivant.
Avant d'aborder le chapitre consacré à la captivité de Telli,
au règlement draconien du camp Boiro et à la manière dont Telli
sut l'utiliser pour parvenir au but qu'il s'était fixé : faire
connaître la vérité, je veux porter à la connaissance du lecteur
le contenu de la première lettre adressée par le Président de
la République de Guinée au prisonnier Diallo Telli en réponse
à une demande express de ce dernier.
« Conakry, le ..........
A Telli !
Tu es vraiment têtu. Moussa Diakité et Siaka m'ont fait parvenir tous tes soucis concerna
nt le sens que tu veux donner à ta déclaration.
Selon eux tu t'acharnerais à démontrer que tu as trahi notre pays et l'Afrique pour servir le PDG.
Pour moi, le sort de la Guinée et de l'Afrique est étroitement lié à celui des partis politiques révolutionnaires
d'avant-garde dont le PDG demeure le creuset.
A cet effet, je te demande d'aider la Révolution pour qu'à son tour le PDG te réhabilite aux yeux de la Guinée.
Pour l'amour de Dieu notre créateur commun, je te demande de te mettre en accord avec Moussa et Siaka en vue
de sortir les travaux de la commission de l'impasse.
Je prends Dieu comme témoin pour te garantir ma grâce. Ce testament auquel tu aspires, tu le réaliseras au milieu
de ta famille.
En te renouvelant mes profondes amitiés, je te demande de prendre courage.
Prêt pour la Révolution
Ahmed Sékou Touré.
Cette lettre avait été remise à Telli au sortir d'une séance devant la commission. De retour au bloc, Telli la recopia aussitôt, car dès le lendemain il devait la rendre à Siaka. Ce n'est que bien plus tard, au cours du mois de décembre, que nous nous sommes rendus compte qu'il avait oublié de porter la date.
Note
1. Kaba Amiata Mamadi, ancien gouverneur de Dalaba.